Un projet logiciel arrêté en route peut le plus souvent être repris, à trois conditions : récupérer le code source complet, récupérer les accès (hébergement, nom de domaine, services branchés), et disposer du droit de faire modifier ce code. Ensuite, un développeur extérieur fait un état des lieux de quelques jours avant de chiffrer la suite. Sans ces trois éléments, la reprise se transforme en réécriture, plus longue et plus chère.
Les situations qui mènent à une reprise
Elles se ressemblent d'une entreprise à l'autre :
- le prestataire a cessé son activité ou ne répond plus ;
- la relation s'est dégradée, sur les délais, le prix ou la qualité ;
- le freelance qui avait tout écrit est passé à autre chose ;
- le projet a été payé en grande partie mais livré à moitié ;
- l'outil fonctionne, mais plus personne ne sait le modifier.
Quand l'ancien prestataire est encore joignable, commencez par lui écrire, calmement, pour demander la remise de ce qui vous revient : code, accès, données, documentation. Une demande écrite, précise et datée obtient plus souvent une réponse qu'un appel tendu, et elle laisse une trace si les choses se compliquent. Fixez un délai raisonnable et gardez une copie de tous les échanges.
Dans tous ces cas, la tentation est de chercher tout de suite quelqu'un pour « finir ». Mieux vaut d'abord rassembler ce que vous avez. Un repreneur sérieux vous le demandera de toute façon, et chaque journée passée à retrouver un accès perdu finit sur une facture.
Récupérer le code, les accès et les données
Faites la liste de ce qui existe, et de qui le détient. Il manque presque toujours quelque chose : un mot de passe, un compte ouvert au nom du prestataire, une base de données qui n'existe que sur son serveur.
- Le code source, idéalement le dépôt complet avec son historique (le plus souvent un dépôt Git), et pas seulement une archive des fichiers. L'historique montre ce qui a été fait, quand, et ce qui était en cours.
- La base de données et une sauvegarde récente, avec la structure des tables.
- Les accès d'hébergement : compte chez l'hébergeur, accès au serveur, outils de mise en ligne.
- Le nom de domaine, qui doit être enregistré au nom de votre entreprise.
- Les comptes des services branchés : envoi d'e-mails, paiement en ligne, cartographie, signature électronique. Certains sont payés avec la carte du prestataire et s'arrêteront avec lui.
- La documentation, même partielle : cahier des charges, maquettes, notes d'installation, devis et factures.
Si l'ancien prestataire traite pour vous des données personnelles (clients, salariés), la CNIL rappelle que le contrat passé avec un sous-traitant doit prévoir les conditions de restitution et de destruction des données en fin de contrat. Relisez ce que le vôtre prévoit avant de lui écrire, et demandez la restitution par écrit.
Source : CNIL, Sécurité : gérer la sous-traitance, consulté le 22 octobre 2026.
La question des droits sur le code
Avoir une copie du code ne suffit pas toujours. L'article L112-2 du code de la propriété intellectuelle range les logiciels parmi les œuvres protégées par le droit d'auteur. Selon l'article L111-1, l'auteur détient ces droits du seul fait de sa création, et la conclusion d'un contrat de louage d'ouvrage ou de service (le contrat par lequel on commande un travail) ne change rien à ce principe. L'article L122-6 réserve à l'auteur d'un logiciel le droit de le modifier, sous réserve des exceptions de l'article suivant.
Pour qu'un nouveau développeur travaille sur le code en toute sécurité, vous avez donc intérêt à ce que l'ancien contrat vous ait cédé ces droits par écrit. L'article L131-3 fixe les formes de cette cession : chaque droit cédé doit faire l'objet d'une mention distincte, et le domaine d'exploitation doit être délimité (étendue, destination, lieu, durée).
Sources : Légifrance, code de la propriété intellectuelle, articles L111-1, L112-2, L122-6 et L131-3, consultés le 22 octobre 2026.
Je ne suis pas juriste. Si votre contrat ne parle pas de cession, ou si l'ancien prestataire refuse de remettre le code, consultez un avocat avant de payer qui que ce soit pour reprendre. Les règles sont expliquées plus en détail sur la page propriété du code source d'un logiciel sur mesure.
Faire un état des lieux avant de chiffrer la suite
Un développeur qui n'a jamais vu le code ne peut pas donner un prix sérieux pour le finir. Il doit d'abord l'installer, le faire tourner et le lire. Cet état des lieux, qu'on appelle aussi audit de code, répond à des questions simples :
- le code remis correspond-il à ce qui tourne en ligne, ou manque-t-il des morceaux ?
- peut-on l'installer sur une machine neuve à partir des seuls fichiers remis ?
- les outils et bibliothèques utilisés sont-ils encore à jour et maintenus par leurs auteurs ?
- y a-t-il des failles de sécurité évidentes, comme des mots de passe écrits en clair dans le code ?
- qu'est-ce qui a réellement été livré, par rapport au devis signé et aux factures payées ?
- le code est-il lisible par quelqu'un d'autre que son auteur ?
La durée dépend de la taille du code et de ce qui a été remis. Prenons une entreprise de services de 25 salariés dont l'outil de planning est resté inachevé (exemple inventé pour l'illustration). Si l'état des lieux demande trois jours, au tarif journalier moyen d'un développeur indépendant affiché sur Malt (environ 576 €, relevé le 14 septembre 2026), il représente 1 728 € HT. C'est peu face au coût d'une reprise lancée sur de mauvaises bases.
Source : Malt, baromètre des tarifs tech, relevé le 14 septembre 2026.
Continuer, réécrire une partie ou repartir de zéro
Continuer le code existant reste la voie la moins chère quand il est lisible, installable et écrit avec des outils encore suivis, même si son style ne plaît pas au repreneur.
Réécrire une partie se justifie quand le cœur tient mais que certains modules sont fragiles ou mal conçus. On garde la base de données et ce qui marche, et on remplace le reste étape par étape, en vérifiant à chaque fois que rien ne casse ailleurs.
Repartir de zéro devient raisonnable quand le code source manque, quand il repose sur des technologies abandonnées, ou quand le corriger coûterait plus cher que le refaire. Même dans ce cas, le travail passé n'est pas perdu : les écrans existants, les règles de gestion découvertes en route et surtout les données servent de cahier des charges. La reprise des données vers le nouvel outil devient alors un chantier à part entière.
Méfiez-vous d'un repreneur qui conclut à la réécriture complète sans la justifier point par point. Refaire est souvent plus confortable pour celui qui reprend. Demandez-lui ce qui l'empêche de continuer l'existant, exemples tirés du code à l'appui.
Ce qu'il faut demander au repreneur
- Un état des lieux écrit, qui dit ce qui est gardé, ce qui est refait et pourquoi.
- Un prix fixe pour la suite, découpé en étapes, au lieu d'une estimation en jours sans plafond.
- Le droit d'arrêter après chaque étape, sans pénalité.
- Un dépôt de code à votre nom dès le premier jour, où chaque modification reste visible.
- Des comptes d'hébergement et de services à votre nom, avec un accès administrateur pour vous.
- Des tests à chaque étape avant paiement : voir la recette d'un logiciel avant de le payer.
- Une clause de cession des droits sur le code écrit, conforme aux règles rappelées plus haut.
Ces précautions évitent que la situation se reproduise avec le prestataire suivant. Le découpage du paiement est détaillé sur la page échéancier de paiement d'un développement logiciel.
C'est ainsi que je travaille chez dev2cafes : prix fixe découpé en étapes, chaque étape payée une fois livrée, testée et validée, arrêt possible après n'importe laquelle, code source et accès remis. Si vous avez un projet arrêté, vous pouvez m'envoyer le devis d'origine et ce qui a été livré. Je réponds sous 48 heures ouvrées, avec un prix fixe quand les éléments le permettent, ou avec les questions qui me manquent. Si continuer avec votre prestataire actuel reste la meilleure option, je vous le dirai. Les repères de prix d'un outil complet sont sur la page prix d'un logiciel métier sur mesure.
// sources
- CNIL, Sécurité : gérer la sous-traitance, consulté le 22 octobre 2026
- Légifrance, code de la propriété intellectuelle, article L111-1, consulté le 22 octobre 2026
- Légifrance, code de la propriété intellectuelle, article L112-2, consulté le 22 octobre 2026
- Légifrance, code de la propriété intellectuelle, article L122-6, consulté le 22 octobre 2026
- Légifrance, code de la propriété intellectuelle, article L131-3, consulté le 22 octobre 2026
- Malt, baromètre des tarifs tech (TJM moyen 576 €, relevé dans l'étude de concurrence), consulté le 14 septembre 2026